Conseil Municipal : Le budget 2017 a été rejeté. Notre prise de parole.

Aucune concertation, plus aucune réunion du groupe majoritaire depuis plus de 1 an.

Des retraits de délégations, des documents de travail non transmis ou bien après une attente de parfois plusieurs semaines, des boîtes mail d’élus supprimées sans aucun avertissement préalable… Triste constat.

Tout le monde l’aura compris, votre politique n’est plus la nôtre.

Et ce budget, que nous avons découvert la semaine dernière, n’est pas le nôtre.

Vous devez l’assumer seul désormais.

En effet, comme nous vous le disions déjà l’an dernier, vous naviguez à vue.

Aucune prospective n’a été faite depuis l’éviction de Dominique Lalanne en février 2016.

Aucune analyse digne de ce nom n’a été faite. Votre nouvel adjoint aux finances le reconnaissait ce matin encore dans la presse.

Aucune perspective autre qu’une rigueur aveugle qui promet de s’abattre dès l’an prochain en premier lieu et violemment sur les associations, cœur battant de la cité.

« L’artefact » que vous évoquez dans la presse de partager cette année la dépouille de l’OMS entre 31 associations pour compenser les coupes sombres dans le budget association ne trompe personne. Qui plus est, ce « modus operandi » que vous avez appliqué seul s’est fait une fois encore sans concertation : avez-vous au moins pris la peine de contacter les liquidateurs avant de passer par la case banque?

A moins qu’une explication ne figure dans le courrier que vous avez adressé aux associations sans même en adresser une copie aux élus ?

Il est à craindre que le seul message qu’il contienne ne se résume à cette phrase de Coluche : « Ecrivez-nous de quoi vous avez besoin, on vous expliquera comment vous en passer ». L’humour en moins malheureusement. Pâles perspectives.

Sans aucune étude prospective, votre discours sur les baisses des subventions aux associations n’offre qu’inquiétude et pessimisme.

A côté de cela, 160 000 euros ont été budgétés pour 2017 pour le « non » musée de la Minoterie.

« Non » Musée puisque M. Terrasse a dit lors de la dernière réunion publique (70 personnes présentes selon la presse, 120 ou 130 selon le Maire) que le projet de la Minoterie n’était pas un projet de Musée : c’est pourtant lui qui a donné le nom de MUMI au futur projet.

MUMI pour « Musée de la Minoterie ».

Arrêtez donc de prendre les orthéziens, élus ou non, pour des simples d’esprit.

Les faits sont têtus : oui, le projet initial était un projet de musée.

Or, aujourd’hui, les nombreux atermoiements et autres contradictions qui sont autant de renoncement, les changements de cap, sur un projet aussi coûteux pour les finances de la ville, avec des frais de fonctionnement qui pourraient endetter la ville pour des générations, n’est pas tolérable.

Et puis comment trouver des partenaires avec un projet devenu aussi illisible.

Comme se présenter à d’éventuels mécènes avec un tel message: « Nous venons vous solliciter en qualité de partenaire pour un projet de musée d’envergure nationale à la Minoterie d’Orthez, enfin bon, finalement, ce ne sera peut-pas un musée, mais il ya aura quand même une salle d’exposition ». Drôle de façon de porter un projet !

Par ailleurs, la politique volontariste qui était envisagée au début du mandat pour diminuer le patrimoine immobilier de la ville est totalement à l’arrêt.

La recherche de recettes nouvelles, pourtant possible notamment grâce à la mise en place du forfait communal, à la mise en œuvre de groupes de travail sur la mutualisation de différents services qui représentant autant de charges de centralité pour la ville, ne sont toujours pas mis en œuvre.

Qu’attendez-vous pour lancer ces chantiers et pour faire enfin appliquer les délibérations votées au sein de ce conseil ?

Du point de vue politique, vous n’avez eu de cesse de diviser, de manœuvrer en coulisses ; vous avez même menti aux élus et aux citoyens lors de vos démarches de fermeture de l’école des Soarns. Pourquoi ?

Quelle image de votre fonction avez-vous offerte aux Orthéziens ?

Vous accusez les uns et les autres d’obstruction, vous dénoncez sans cesse la polémique, la volonté de nuire.

Mais qui d’autre que vous a « osé(r) choisir » la division ?

qui d’autre que vous a choisi de jeter le discrédit sur les élus de votre équipe ? qui d’autre que vous a réuni secrètement les groupes d’opposition pour leur demander d’éliminer vos propres équipiers ?

Quelle sérénité pensiez-vous ainsi apporter au conseil municipal et à la vie politique locale ?

Qui d’autre que vous pense ici que le pouvoir local et l’expression de la démocratie pourraient se poursuivre de la sorte, avec un maire contesté et minoritaire, dont le message ne passe plus, si d’ailleurs il était un jour passé, auprès de la population.

Du point de vue politique, vous avez pris pour habitude, vous qui êtes régulièrement mis en minorité sur les sujets majeurs, de mettre la poussière sous le tapis dès qu’un sujet est susceptible d’être retoqué.

Vous avez aussi évité de mettre à l’ordre du jour du conseil municipal des thèmes pour lesquels vous aviez,  avec quelques élus réunis autour de vous, scellé le destin.

Le PLUI, par exemple, auquel vous étiez favorable. Il vous paraissait donc inutile d’en débattre en conseil.

Par une saisine, nous vous avons contraint à débattre de ce sujet de façon démocratique, avec l’ensemble des élus d’Orthez. Et les élus ont exprimé de façon majoritaire leur refus d’une telle démarche.

Par une autre saisine, nous vous avons contraint à évoquer le sujet de la LGV, permettant aux élus d’Orthez d’indiquer de façon unanime leur soutien à ce projet.

Mais c’était un peu trop tôt pour vous puisque vous souhaitiez vous servir de cette thématique comme d’un levier de pression lors du vote du budget qui nous réunit aujourd’hui.

Du point de vue politique encore, deux budgets annexes plombent très lourdement les finances de la ville : le budget annexe du CCAS et celui de la Restauration Municipale.

Plusieurs élus vous ont alerté, vous ont demandé de faire un audit, vous ont proposé de réfléchir à l’avenir de ces structures non pas dans une logique d’économie à court terme, mais dans le but de regarder les choses en face avec des éléments pertinents. Car comment, sinon, espérer sur le long terme les pérenniser sans les mettre en concurrence avec d’autres dépenses ?

Le risque majeur aujourd’hui est que ces deux structures ne puissent plus être financées, à court ou moyen terme.

Pour parler clair, la subvention d’équilibre cumulée de ces deux budgets se rapproche aujourd’hui du million d’euros par an en fonctionnement !

Mais rien n’a été fait, aucune réflexion n’est lancée. La situation est grave.

Du point de vue politique enfin, vous n’avez pas hésité à faire appel à des suivants de liste n’habitant plus sur Orthez, ou à user de façon répétée et systématique des procurations laissés par d’autres, pour tenter de vous rapprocher d’une majorité que vous n’atteignez malheureusement toujours pas sur des thèmes majeurs.

Vous n’avez pas hésité à faire rentrer des suivants de liste sans qu’ils ne soient ensuite inscrits dans aucune des commissions municipales, sans qu’ils n’assument une seule des 49 délégations existantes, alors que l’usage voudrait qu’un élu remplace un autre élu en prenant à minima une partie de ses délégations.

Pour parler claire là encore, 7 membres de votre  demi-majorité cumulent 28 représentations (dont aucune pour 3 d’entre eux !) … quand 7 autres membres en cumulent 69 (dont 22 représentations pour votre seul premier adjoint !). Cherchez l’erreur.

Mais vous êtes prêt à tous les subterfuges et tous les arrangements pour obtenir une voix ou une procuration de plus, puisque certains décident et proposent pour eux et que cela vous convient parfaitement. Telle est la réalité de l’exercice de la démocratie aujourd’hui à Orthez.

Mais vous n’y êtes pour rien.

A la fois « bienveillant » et « lucide », vous vous drapez dans le costume de la rigueur, en ciblant un fautif majeur : l’état, qui par la baisse de ses contributions contraint votre budget. Certes, le coup est rude. Mais il l’est aussi pour toutes les autres communes de France, chacun à son échelle.

Vous auriez pourtant eu des voies à proposer, à discuter, des choix politiques forts, mais comme toujours, vous remettez tout aux calendes grecques ou bien prenez la décision à quelques uns.

Mais à côté de ce budget de rigueur, vous oubliez cependant de dire que l’état, via le FSIL, permet à la ville de rénover les écoles et l’hôtel de ville, projets qui sans cela auraient été minorés ou abandonnés.

Vous oubliez cependant de noter qu’Orthez, en tant que membre d’une grande intercommunalité, bénéficie de façon privilégiée des subsides de la CCLO pour mener les grands et seuls projets qui se concrétisent actuellement sur le territoire : aujourd’hui la rénovation du cœur de ville avec les travaux en centre-ville, la création du Square Champetier de Ribes, demain la crèche …

Sans oublier ses nombreuses participations aux projets de rénovation de la Mairie, son engagement pour la Virginie, la LGV, … la liste est longue !

Finalement, ce que nous constatons et déplorons aujourd’hui, c’est votre choix de poursuivre votre politique isolationniste.

Ce qui était une liste citoyenne, faite de compétences, n’est plus.

Vous conduisait désormais une poignée de citoyens dont les compétences ne sont plus aujourd’hui qu’accessoires.

Au fil des mois, vous vous êtes recroquevillé, isolé, rendant votre action inaudible, incapable de recueillir l’adhésion de la population.

Vous vous êtes trompé d’objectif : l’urgence n’était pas, comme vous l’avez fait, de parer au plus pressé.

Il eut été sans doute plus judicieux de se presser à parer l’urgence en réfléchissant  à une politique sur le long terme, comme de nombreux élus vous y invitez.

Votre préparation budgétaire en est le reflet, avec l’arrivée début janvier de votre 3° adjoint au finances, novice en la matière et disposant de trop peu de temps pour se préparer.

Le courrier de M. le Préfet dont vous disposiez depuis près d’une semaine et dont vous nous avez donné copie ce soir ne repose que sur les informations que vous lui avez transmises.

De notre côté, au-delà de vos discours toujours bien formulés, nous disposons de documents budgétaires tout à fait éloquents et qui nous permettent, avec notre légitimité d’élu, de poser une analyse étayée et argumentée, dans l’intérêt de notre ville.

Les vœux formés par un Préfet ne sauraient influer sur les votes exprimés démocratiquement, en leur âme et conscience, par des élus de la République.

Pour conclure, en cas de rejet de votre budget, et comme vous l’aviez d’ailleurs évoqué l’an passé à pareille époque, nous osons encore croire que vous choisirez une voie de sortie digne et responsable en laissant aux orthéziens le soin de redonner par les urnes le souffle démocratique nécessaire à notre cité.

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