Ecole des Soarns: notre intervention du Conseil municipal du 28 février

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Monsieur le Maire,

une fois de plus, vous avez avancé masqué.

Vous avez dissimulé vos projets devant la représentation Orthézienne lors du dernier conseil municipal, au soir du 31 janvier, alors que plusieurs élus vous interpellaient quant à l’avenir des écoles d’Orthez et que vous leur répondiez ne rien avoir décidé.

Vous avez menti aux enseignants et aux parents venus à votre rencontre fin janvier, laissant croire que le DASEN et l’académie portaient la responsabilité de cette fermeture et de la fusion qui en découlaient, leur affirmant les yeux dans les yeux que vous n’aviez rien demandé.

Mais vous avez été démasqué, puisque votre courrier adressé à l’inspection demandant la fermeture des Soarns et la fusion avec Départ-en date du 27 janvier- a été mis à jour et vous avez bien été obligé de reconnaître votre mensonge face aux parents et aux enseignants des Soarns. Vous le leur avez lu. Mais sans leur faire aucune excuse. Si vous leur aviez menti, c’est parce que ce n’était pas le bon moment pour en parler, leur avez vous rétorqué !

Pourtant, depuis de nombreuses semaines,  vous preniez langue avec diverses associations et leur expliquiez très clairement que les locaux de l’Ecole des Soarns leurs seraient attribués.

Pourtant, dès les mois d’octobre et de novembre, à l’occasion des conseils municipaux, par mes questions écrites, j’attirais votre attention la plus claire sur les échéances et les  éventuelles opérations  relatives aux écoles. Pour rappel :

« Question écrite n°2 du 26 octobre:

QUESTION 2: Des réunions avaient été initiées courant 2015 afin de réfléchir à l’avenir des écoles à Orthez, et notamment à l’évolution des structures scolaires existantes.

Pouvez-vous nous dire si ce groupe de travail est maintenu et si oui quand sera-t’il à nouveau réuni sachant que, au delà de la nécessité de maintenir un dialogue ouvert avec toutes les parties sur un sujet aussi important, de la prise en compte de possibles changements pour les enfants, les familles et les personnels communaux, les remontées au niveau de l’Inspection académique (modifications de structures, conséquences sur les postes d’enseignants, de direction) doivent être faites en tout début d’année 2017 pour la rentrée de septembre ?

« Question écrite n°6 du 29 novembre:

6. vous avez été récemment sollicité par les parents de l’école des Soarns (lettre ouverte), légitimement inquiets, concernant le devenir de leur école et la baisse continue des effectifs qui met d’ores et déjà en péril le 3° poste d’enseignant. Vous avez annoncé à plusieurs reprises que vous donneriez une réponse en février. Or, comme vous ne le savez peut-être pas, toutes les procédures ont été avancées en janvier.  Quel est votre position dans l’attente d’une réunion du groupe de travail en janvier (tel qu’annoncé lors du dernier conseil, en amont d’une réunion « en interne » en décembre) qui semble très (trop) tardive ?

Accessoirement, au mois de novembre encore, je sollicitais aussi des données chiffrées en lien avec les écoles. Chiffres que vous avez eu la bonté de me transmettre 1 mois et demi après ma demande. On peut en effet légitimement se demander qui empêche les autres de travailler…

Mais pour en revenir au sujet du jour, beaucoup plus récemment, face aux élus, aux enseignants et aux parents du groupe de travail sur l’avenir des écoles à Orthez, réunis fin janvier à l’occasion d’une réunion que vous avez qualifié « d’information », vous affirmiez toujours ne rien savoir , ne rien avoir décidé, ne rien avoir écrit !

Vous avez d’ailleurs bien pris soin ce soir là de laisser la parole et l’animation de la soirée à Mme L’inspectrice, préférant jouer les seconds rôles, votre adjointe à l’éducation ne disant pas un seul mot de la soirée. Suite à une remarque de M. Sainte-Croix, j’ai à cette occasion là rappelé l’hypothèse de travail que j’avais proposée en janvier 2016 et sur les sollicitations de la presse locale, je rappelais l’intérêt d’une démarche globale volontariste face au silence et à l’immobilisme de M. le Maire et son équipe.

En effet, l’an dernier, suite à la réunion du comité de pilotage sur l’avenir de l’école le 21 janvier 2016, une hypothèse de travail envisageant le rapprochement des écoles des Soarns et de Départ avait bien été formulée.
Comme nous nous y étions alors engagés, nous étions allés à la
rencontre des parents à l’école des Soarns, dès le 26 janvier, puis
nous avions rencontré les parents élus de l’école en mairie le 4 février
pour une réunion de travail.
Ces temps de concertation avaient permis à tous, parents, enseignants, élus de
s’exprimer et de s’écouter afin de prendre la mesure des différents enjeux.
Aussi, suite à ces échanges, la municipalité avait pris la décision de
ne pas mettre en oeuvre le rapprochement de l’école des Soarns et de l’école de Départ.
Toutefois, et chacun en était conscient, la réflexion sur l’avenir de
l’école amorcée au printemps 2015 devait être plus que jamais poursuivie.
Le nombre de classes vides dans les écoles d’Orthez avec la perte de plus
du ¼ des effectifs scolaires en 15 ans (de plus de 900 en 99/2000 à 685 à
la rentrée 2016), le mauvais état général de plusieurs écoles, le
manque d’équipements informatiques, la nécessité de revaloriser l’offre
scolaire sur la ville, avec notamment la scolarisation des moins de 3 ans initiée lors de cette rentrée, nous obligeaint à intensifier nos rencontres. Le contexte de baisse générale des dotations de l’état aux collectivités locales est elle aussi une réalité, à l’instar des
rapprochements d’écoles encouragés par l’IA en zone rurale, ou encore la
volonté de l’état de confier dans les années à venir le pilotage du premier degré aux intercommunalités.
Bref, afin de retrouver au plus tôt une dynamique positive, de redonner
de l’attrait à nos écoles, de stabiliser les équipes pédagogiques, nous
aurions pu et du travailler de façon collective à un véritable projet éducatif local, à la
fois réaliste et ambitieux, afin que les éventuelles restructurations futures
puissent se faire dans un contexte de co-construction, dans l’intérêt des enfants,
et au delà des intérêts particuliers ou partisans. »

Rien de tout cela n’a été fait. C’est même tout le contraire. Vous avez mis la poussière sous le tapis, vous avez évité tout dialogue; vous aviez pris votre décision et c’était bien là l’essentiel.

Vous n’aviez pas besoin d’en discuter, puisque vous l’aviez décidé et que vous êtes convaincu de  toujours prendre les bonnes décisions au bon moment.

Alors comment ne pas être révolté face à une telle méthode ?

Vous qui êtes le premier magistrat de cette ville !

Non, M. le Maire, tous les coups ne sont pas permis et la fin ne justifie pas les moyens !

Nous nous étions engagés à faire de la politique autrement, et certainement pas avec ces méthodes, que je réprouve totalement, et qui sont à l’antithèse de ma conception de l’action publique.

Vous avez aux yeux de nombre de personnes perdu tout crédit en procédant de façon aussi regrettable vis à vis des élus que nous sommes, des enseignants et des familles des Soarns et plus largement vis-à-vis des Orthéziens.

Nous méritons les uns et les autres un peu plus de considération.

J’assume totalement l’étiquette de frondeur qui m’a été collée, ainsi qu’à plusieurs élus du groupe majoritaire: ce qui nous a fait nous lever, ce n’est pas une opposition au programme que nous avions construit ensemble, mais ce sont bien vos méthodes qui ont conduit notre groupe majoritaire là où il est aujourd’hui, et qui ont discrédité votre action municipale aux yeux de la majorité de la population.

Aujourd’hui, par cette délibération reçue 7 jours avant le vote, sans aucune information de votre part, sans aucune concertation, sans aucune échange entre élus sur le projet proposé puisque vous ne saviez soit-disant rien sur rien, vous nous demandez de voter la fermeture d’une école.

Quelle légèreté ! Compte-tenu des différents calendriers académiques, cette délibération ne peut être repoussée à début avril. De plus, plusieurs postes d’enseignants sont en balance et leur avenir professionnel mérite aussi notre considération.

Sachez donc M. le Maire qu’aujourd’hui encore, ce n’est pas sur le fond que nous nous opposons à vous, car des réformes sont nécessaires. Mais c’est une réprobation claire et nette de la méthode que vous voulez nous imposer.

Nous ne nous rendrons  pas complice de vos méthodes indignes de notre fonction d’élu. Sinon, quelle sera la prochaine cible ? De  quelle autre fermeture d’école serons-nous averti 8 jours avant et, en notre qualité d’élus, devrons-nous nous prononcer ?

C’est pour toutes les raisons évoquées que nous voterons contre votre délibération.

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