Défusion: nous avons décidé d’exprimer un AVIS FAVORABLE au projet de défusion souhaité par la grande majorité de la population de Sainte-Suzanne.

Monsieur le Maire, mesdames et messieurs, chers collègues,

Je voudrais ce jour prendre la parole en ma qualité d’élu Orthézien, mais également au nom d’une partie des élus de la liste Oser Choisir qui, comme chacun sait, ont fait le choix de se réunir autour de moi.

Je veux dire ici devant la représentation municipale et devant les Orthéziens et Sainte-Suzannais qui se sont déplacés que c’est avec la plus grande attention que nous avons suivi les démarches citoyennes initiées par les habitants de Sainte-Suzanne et l’association « Notre village a nouste ».

Et c’est avec la même attention et le même intérêt que nous avons pris acte de l’avis et des conclusions émis par Mme Karine Le Calvar, commissaire enquêtrice nommée par M. le Préfet des Pyrénées-Atlantiques.

Et d’emblée, face au désir d’émancipation exprimé majoritairement, par les Sainte-Suzannais, une première évidence s’impose à nous :

Sur quels critères et au nom de quels principes les Orthéziens, et les élus qui les représentent, pourraient-ils légitimement exiger que Sainte-Suzanne reste liée à Orthez ?

En effet, lorsque nos deux communes se sont rapprochées, au début des années 70, elles l’ont fait d’un commun accord, sur le principe de la libre adhésion.

C’était, bien avant la création des intercommunalités, une solution économiquement favorable qui correspondait à leurs aspirations réciproques de développement.

Ce court rappel permet de situer clairement le fondement de l’avis que nous allons donner.

L’association entre nos deux communes n’a jamais eu comme base la contrainte. C’est tout le contraire : c’est bien le choix majoritaire de leurs habitants, mis en œuvre par leurs représentants respectifs, qui a permis le rapprochement entre Orthez et Sainte-Suzanne.

Alors, aujourd’hui que la procédure légale conduite par M. le Préfet est en train de s’achever et que chaque citoyen d’Orthez et de Sainte-Suzanne a pu librement s’exprimer, comment pourrions-nous prendre en compte autre chose que la volonté collective majoritaire des Sainte-Suzannais, à l’exception de toute autre interprétation.

En effet, qui peut décemment oser dire aux habitants de Sainte-Suzanne : nous, élus Orthéziens, nous nous opposons à votre projet, nous sommes contre la défusion car ça n’est pas bon pour Orthez !

Vous ne pouvez pas partir car 1/3 d’entre vous habite plus près de la Mairie d’Orthez que de la Mairie de Sainte-Suzanne !

Vous ne pouvez pas partir car, contrairement à ce que vous croyez, vos impôts ne baisseront pas !

Vous ne pouvez pas partir car vos pétitions successives ne sont que du vent !

Vous ne pouvez pas partir car le vote qui a été organisé est un échec !

Quel mépris pour tous celles et ceux qui se sont cantonnés à respecter point par point la procédure voulue par M. le Préfet !

Ces postures, prises par des représentants élus démocratiquement, sont tout simplement délétères.

Permettez-moi de croire que ce à quoi aspirent aujourd’hui nos concitoyens, quel que soit le niveau, local ou national, c’est à davantage de démocratie.

Mais pour cela, quel que soit le niveau, il faut que leurs voix et leurs votes soient respectés.

Souvenons-nous, à une autre échelle, en 2005, du NON massif au référendum sur la constitution européenne, finalement foulé au pied par nos responsables politiques. Et plus près de nous encore, l’utilisation du 49.3 pour mettre en place la loi travail.

Ces décisions ont durablement altéré la confiance que nous avons en  nos dirigeants politiques.

Alors je redis avec vigueur, et plus clairement encore, ce que j’ai affirmé dès le début de ma prise de parole : qui pourrait oser choisir ce qui est le mieux pour les habitants de Sainte-Suzanne sinon les habitants de Sainte-Suzanne eux-mêmes ?

Aujourd’hui réunis dans la salle du conseil municipal d’Orthez, nous devons, en tant que démocrates, sans restriction aucune, écouter la parole exprimée de façon majoritaire et réitérée par les habitants de Sainte-Suzanne ; nous devons, en tant que représentation municipale, sans hésitation aucune, accéder à la volonté populaire forte, constante, réfléchie et assumée des habitants de Sainte-Suzanne.

C’est donc au nom des valeurs républicaines qui nous rassemblent que nous avons décidé d’exprimer ici solennellement un AVIS FAVORABLE au projet de défusion souhaité par la grande majorité de la population de Sainte-Suzanne.

Je voudrais, pour conclure, dire que quelle que soit la décision de M. le Préfet, nos deux communes et leurs habitants continueront à lier leurs destins, indépendamment du statut ou de l’étiquette qui leur sera apposée.

Aujourd’hui, quoi qu’il arrive, c’est dans une même communauté de destins, au sein de ce bassin de vie niché entre Gave et Làa, dans une  intercommunalité qui nous lie chaque jour plus fortement les uns aux autres, que nous avancerons main dans la main, en assumant la liberté de nos choix, en reconnaissant l’égalité de nos droits et en préservant la fraternité de nos voies.

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