« Commémorations et vie politique : s’unir autour des valeurs de la République », par Marie-Luce MUSEL (qui vient de rendre sa délégation à M. le Maire)

 Retour sur la décision de Marie-Luce MUSEL de remettre sa délégation relative aux « commémorations et jumelages » en ce début de semaine.

En 2014, Monsieur Le Maire a délégué à des colistiers un certain nombre de missions.  Marie-Luce MUSEL  a accepté une délégation autour des « commémorations et jumelages ».

Il y a quelques jours, elle adressait un courrier à Monsieur Le Maire pour marquer sa désapprobation concernant une décision envisagée par M. Darrigrand, et indiquait son souhait de démissionner de sa délégation.

Retour sur les faits, avec Marie-Luce MUSEL

« Après avoir exploré les deux champs de ma délégation, j’ai concentré mon travail sur le champ commémoratif. Le jumelage n’était pas une priorité pour M. le Maire et, par ailleurs, il nécessitait un budget que nous n’avions pas.

Dans une délégation pour laquelle le maire me donnait carte blanche, il me fallait trouver ma place, définir des axes de travail et mon rôle, entre Bernadette PRADA, correspondant défense, élue par le conseil municipal d’Orthez (le correspondant défense a pour mission officielle de développer le lien armée-nation et promouvoir l’esprit de défense ; il est l’interlocuteur privilégié des autorités civiles et militaires du département et de la région et s’exprime sur l’actualité défense, le parcours citoyen, le devoir de mémoire), et Bernard MELIANDE, le maître de cérémonie  (fonction qui consiste à mener les cérémonies le jour même de la cérémonie : veiller au bon déroulement des cérémonies et faire respecter le protocole, ce que fit remarquablement M. CUYEU pendant de nombreuses années).

Dans un 1er temps,  j’ai mené un diagnostic de situation, pour mieux comprendre le fonctionnement et les enjeux autour des manifestations commémoratives à Orthez : un document de synthèse sur les Cérémonies à ORTHEZ  été remis au maire en septembre 2015.

Puis lors d’une réunion avec les associations de mémoire, je définissais ainsi mon rôle en tant que déléguée aux commémorations :

  • organiser les cérémonies en amont, de façon à donner au maître de cérémonies tous les éléments lui permettant d’officier dans les meilleures conditions, c’est-à-dire :
  • faire remonter les besoins pour les cérémonies auprès de la Directrice Générale des Services,  qui fait ensuite le lien avec les différents services impliqués (communication, services techniques, service financier..),
  • faire le lien avec l’Harmonie Municipale
  • préparer les textes introductifs pour le maître de cérémonie et les textes destinés à informer les citoyens sur le sens de  la commémoration.
  • prévoir l’organisation des pots ….
  • Représenter le Maire auprès des associations d’anciens combattants et de mémoire, notamment avec le Comité d’Entente qui les représente,

Monsieur le Maire m’a, par ailleurs demandé de travailler autour d’un projet de commémoration du  Centenaire de l’Armistice du 11 novembre 1918.

En dépit de l’éclatement de la majorité, et malgré mes choix politiques (je n’ai pas adhéré aux décisions du Maire concernant la destitution de ses adjoints), j’ai néanmoins poursuivi  ma mission.

Pourtant, je viens de marquer mon désaccord devant les restrictions du rôle du correspondant défense dans les cérémonies commémoratives envisagées par le Maire.

En effet, M. le Maire souhaitait s’entretenir avec moi du retrait à Bernadette PRADA, correspondant défense, de tout rôle actif dans le protocole (lecture du message du Ministre, dépôt de gerbe).

Dans un courrier , j’ai indiqué à monsieur le Maire que «  nos différents ne doivent en aucun cas apparaître dans des moments où l’on se réunit pour se recueillir autour d’événements marquants et douloureux de notre histoire » et que « en tant que maire, se joindre à un adversaire politique pour honorer les combattants de 14/18,  ce n’est pas ni de « l’hypocrisie », ni manifester « une entente artificielle et fausse » …. mais c’est  assumer son rôle de représentant des citoyens ».

Dans un contexte politique difficile, tant au niveau local que national, il me semble, justement, que c’est autour de moments historiquement forts que nous devons être capables de dépasser nos différents, aussi tranchés soient-ils.

Les valeurs essentielles doivent s’imposer.

Je souhaite néanmoins continuer à travailler pour la ville, à m’investir pour les associations et à faire vivre le devoir de mémoire ».

Marie-Luce MUSEL, conseillère municipale

Avant de se voir confier par délégation les commémorations, Marie-Luce Musel a été membre de l’association « Ensemble pour la paix ». Elle est aussi agrégée d’histoire.

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