Retrait de la délégation de Mme Jacqueline LACLAU par M. le Maire

Contrairement au titre utilisé par le journal Sud-Ouest en début de semaine, Mme LACLAU n’a pas « rendu son plateau », … c’est M. le Maire qui le lui a pris des mains !

Je laisse donc la parole à Mme LACLAU afin qu’elle puisse apporter son éclairage.

« Courant 2014, après un état des lieux sur l’ensemble de l’année, je  constatais que  le service de la Restauration Municipale ne disposait pas de comptabilité analytique  malgré l’importance des charges de fonctionnement de la structure et une variété de prestations rendues à destination d’usagers aux profils très  différents (restauration scolaire, service traiteur, portage de repas pour les écoles extérieures, les crèches, les associations, etc.).

Ces insuffisances rendaient  incertaine  la connaissance du coût des repas servis  par rapports aux différents tarifs appliqués sur proposition du service, et devant être votés en conseil municipal.

Cette situation appelait  à une rénovation des modalités de la gestion financière  et fiscale du service, avec :

*Une mise aux normes en matière de techniques informatiques pour la facturation,

* la mise en place de tableaux de bord afin d’établir précisément les coûts alimentaires, les coûts de production via les coûts de transport et de distribution,

* l’achat d’une caisse enregistreuse  répondant  à la réglementation fiscale  applicable depuis 2014 (la caisse actuelle est obsolète ne répond pas aux exigences légales),

Il me semblait  pourtant absolument indispensable  de déterminer chaque année  ces  coûts  afin de favoriser  une information la plus étayée et éclairée  du conseil municipal , afin que ce dernier puisse  ajuster  les différents tarifs  par rapport au coût  de production de chaque catégorie de  repas (une dizaine au total) .

Ni l’application du contrôle de gestion, ni les  mises en conformités des outils dans ce service n’ont été acceptés par M. le Maire.

En  février 2015  un poste  de contrôleur de gestion était créé.

Il pouvait venir  en renfort au service de la restauration municipale.

Il a vite disparu. Il conviendrait d’en connaître les raisons.

Il en ressort un rapport d’activité 2015 remis par le chef de pôle (aucun rapport n’avait plus été remis depuis … 2007) qui a été présenté début avril au bureau municipal (maire + adjoints), auquel j’avais été conviée.

Suite à la présentation du rapport, j’ai émis un certain nombre de réserves et de préconisations afin d’en clarifier le contenu, sur la base de mes remarques de 2014.

Suite à cette demande, et sans que cela ne choque ni M. le Maire, ni Mme la DGS ni plusieurs adjoints présents, le chef de pôle a annoncé qu’il ne travaillerait plus avec moi.

Seuls 3 adjoints -Mme Prada, MM. Larrivière et Peyré-Poutou- ont exigé (et obtenu) des excuses suite à ces remarques inopportunes.

M. le Maire a toutefois refusé  toute modification du rapport et m’a alors demandé de produire à mon tour un nouveau rapport d’activités afin de pouvoir le comparer avec celui du chef de pôle ( !!!).

Les choses en sont restées là depuis cette réunion… jusqu’au 16 septembre, date à laquelle j’ai reçu un courrier de M. DARRIGRAND, maire d’Orthez.

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Extraits du courrier  que m’a adressé M. le Maire le 16 septembre 2016

(Pour information, quatre autres délégués ont reçu le même courrier)

 « Tu fais partie d’un «courant » qui se dit majoritaire mais qui est en guerre ouverte, continue, violente contre le maire qui est l’émanation démocratique de la majorité. […]

Et  cependant tu as été solidaire d’une action suicidaire qui risquait priver la ville de budget.

[…], il n’est pas question pour moi de soumettre à nouveau cette instance décisive aux extravagances qui nous ont collectivement fait tant de mal,  ont atteint profondément l’image d’Oser Choisir et  nous ont mené au bord du précipice. […]

Ce « courant » ne va nulle part ; il est tourné vers la vengeance, vers la nuisance, vers le négatif.

Il est construit sur des motifs malsains. C’est une dérive qui  nous conduit à la catastrophe.

Les Orthéziens ne s’y trompent pas. Ils rejettent  ouvertement et  massivement l’entreprise de sabotage de l’action municipale qui est mené.   Il faut l’entendre.  […]

C’est pourquoi Je te demande de bien vouloir réfléchir à ce que signifie ta délégation, à ce que son exercice exige. Au premier rang : disposer d’un budget. […] »

Après cette « copieuse » introduction visant à discréditer les élus qu’il a lui-même écartés (grâce à l’appui indispensable de l’opposition rencontrée secrètement) et qui ne faisaient que défendre le projet pour lequel nous avons été élus (redressement des finances, efficience des services, rénovation de la cité etc.), M. le Maire me « pose donc la question cruciale » de savoir si j’accepte :

« 1. de participer à l’élaboration du prochain budget, en premier lieu avec l’ensemble de ceux qui sont en charge d’agir (adjoints et conseillers délégués)

  1. de procéder à la validation démocratique de ce budget (vote)
  2. de défendre et soutenir au Conseil Municipal le budget présenté…

Peux-tu  me contacter avant la fin du mois de septembre ? Sans appel de ta part, il me faudra bien considérer  que tu ne veux pas entrer dans ce projet de redressement et d’action. Mais j’espère très vivement que ce ne sera pas le cas et que nous pourrons avancer pour être fidèles à nos engagements. »

CONCLUSION

 Je n’ai pas souhaité répondre à l’ultimatum de M. le Maire et j’ai continué à travailler avec les pièces et éléments dont je disposais (sachant que depuis 2016, l’accès au service financier m’a été refusé, suite à des consignes  ?).

Par ailleurs, je devais rencontrer peu après le 10 octobre M. Lallement, adjoint aux finances, afin de travailler sur le service restauration.

Mais par un arrêté en date du lundi 3 octobre, affiché à la Mairie, et sans m’en avoir avertie au préalable, M. le Maire m’a retiré ma délégation de conseillère en charge de la Restauration Municipale et des marchés.

La question cruciale n’était donc pas celle du travail inhérent à la restauration, mais bien d’obtenir de moi la garantie d’un vote pour le budget…

 Je voudrais donc encore bien préciser ici les raisons qui m’ont conduite à ne pas donner suite à la missive de M. le Maire :

– compte-tenu des choix de gouvernance opérés pas M. le Maire depuis de nombreux mois (prises de décisions unilatérales, réunions secrètes avec l’opposition, retrait de délégations d’adjoints, etc.) et contre lesquels de nombreux élus se sont élevés,

– compte-tenu de la non reconnaissance de mon travail par M. le Maire depuis le début du mandat,

– compte-tenu aussi de la poursuite de la dérive budgétaire observée –notamment- dans le service Restauration depuis des années, et ce malgré mes alertes récurrentes depuis 2014,

je me refuse à accepter de  voter a priori  un budget, en réalité préparé par un petit nombre d’élus réunis autour du Maire, et qui finalement ne vise qu’un objectif :

permettre au Maire de réunir un nombre de voix suffisant afin de faire voter un budget (quel qu’il soit !) qui lui permettrait de ne pas être retoqué.

 

Jacqueline LACLAU, conseillère municipale

 

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