Vous avez dit réintégration ?

Après de nombreuses semaines de tergiversations, en ce 1° septembre, Monsieur le Maire se décidait enfin à réintégrer Madame Martinez, directrice de la régie de l’eau et de l’assainissement, tel que l’avait ordonné le Tribunal Administratif au début de l’été.

C’était sans compter sur l’esprit vengeur de notre Maire, qui n’a toujours pas digéré l’affront du tribunal, qui a donc donné gain de cause à la directrice.

Petit retour en arrière

La directrice de l’eau, nommée par  M.Molères, ancien maire, sur un contrat de trois ans, avait ainsi vu son contrat renouvelé par ce dernier pour trois ans de plus en janvier 2014, avec pour mission de « remettre de l’ordre » dans une régie instable, qui avait jusqu’alors épuisé 3 directeurs en 4 ans.

Un audit avait confirmé la nécessité d’une reprise en main, ce que Mme Martinez réussit à faire avec beaucoup de professionnalisme.

Lors de l’arrivée de la municipalité Darrigrand , en 2014, au bout de quelques mois, la direction de la régie est à nouveau remise en cause par certains.

M. le Maire ne met pas longtemps à ouvrir le parapluie et choisit la paix sociale. Il commandite un rapport sur les risques psychosociaux, car des agents se trouvent « en souffrance au travail ». Un audit est réalisé.

Sans pouvoir se défendre, la directrice y est traitée « à charge », ainsi que deux autres personnes du service.

Seule la directrice sera inquiétée.

Cette dernière porte l’affaire devant le Tribunal Administratif.

La Mairie monte un dossier bancal, sans les pièces indispensables, M. le Maire décidant de son propre chef de ne remettre qu’une synthèse du rapport à la directrice et à sa défense en lieu et place du rapport complet (!).

Une fois encore, M. le Maire se croit au dessus des lois.

Mme Martinez gagne et M. le Maire doit donc légalement la réintégrer.

Ce dernier, n’ayant jamais eu de doute sur sa victoire, s’énerve.

Il prétexte, à qui veut l’entendre, y compris en Conseil Municipal, que certes le Tribunal Administratif a donné raison à la directrice sur la forme, mais que sur le fond il a raison.

Il s’appuie ainsi sur un rapport, cite des conclusions … mais lorsque les élus demandent copie des documents, il est incapable de les montrer !

La suite ? M. le Maire, qui affirme avoir une « stratégie », ne retourne pas devant le Tribunal Administratif. Il devra donc réintégrer la plaignante.

Mauvais joueur , comme à son habitude, il use lors de la réintégration d’un stratagème.

Mme Martinez n’est pas réintégrée dans son poste à la régie de l’eau, mais envoyée dans l’annexe de la Mairie afin de travailler sur le transfert de la compétence eaux fluviales à la Communauté de communes de Lacq Orthez (CCLO), comme prévu par la loi NOTRe.

Elle n’a plus d’agent sous sa responsabilité puisque M. le Maire a, dans l’intervalle, recruté un nouveau directeur à la régie de l’eau.

En ce 1° septembre donc, Mme Martinez est sommée dès son arrivée de signer son arrêté de nomination.

Elle demande à pouvoir le scanner afin de le soumettre à son avocat pour avis avant signature : accordé !

Le temps de traverser le parking pour réaliser le scan à la Mairie puis de revenir à l’annexe – son bureau, un beau « placard », au fond d’un réduit, doté d’un ordinateur d’un autre âge, pas de papier, un crayon, quelques agrafes sans agrafeuse, n’est pas doté de cette technologie de pointe – ne voilà t’il pas qu’un monsieur l’y attend de pied ferme.

Huissier de son état, mandaté (par « courtoisie » sans doute) par M. le Maire, venant constater qu’elle n’a pas signé son arrêté…

Vous avez dit réintégration ?

Une nouvelle fois, M. le Maire démontre toute sa « bienveillance »  vis-à-vis de ceux qui lui tiennent tête, qu’ils soient élus ou agents de la collectivité.

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